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16 Aoû 2013
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Discours du Ministre - 5ème Conférence Africaine des Ministres des Sports - 26 juillet 2013

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Commissaire aux affaires sociales de l'Union Africaine ;

Mesdames et Messieurs les Ministres et chefs de délégations,

Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Président de l'Association des Comités Nationaux Olympiques d'Afrique (ACNOA),

Monsieur le Président de l'Union des Confédérations Sportives d'Afrique (UCSA),

Mesdames, Messieurs les Experts,

Mesdames, Messieurs,

Chers Invités

Vous me permettrez à l'entame de ce message de transmettre les salutations de Son excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, à son homologue de la République sœur de Côte d'Ivoire Son Excellence le Président Alassane Dramane Ouwatara.

En ma qualité de Ministre sénégalais des sports, je voudrais par la même occasion exprimer mes sincères remerciements à Monsieur le Ministre de la Promotion de la Jeunesse et des Sports et des Loisirs de la République de Côte d'Ivoire pour l'invitation et la qualité de l'accueil qui a été réservée à toute la délégation du Sénégal.

Il ne pouvait d'ailleurs en être autrement si l'on sait que le Sénégal, à l'instar des autres pays de la sous-région, entretient avec la Côte d'Ivoire, au-delà des considérations géographiques, des relations historiques et culturelles très étroites qui confèrent à notre présence ici à Abidjan une signification particulière.

Mesdames, Messieurs,

Le sport dans les pays d'Afrique connait des mutations profondes. Le Si le sport reste dans les écoles un jeu et moyen d'éducation de la jeunesse, il est devenu aujourd'hui une activité sociale et économique de grande importance.

Pour cette raison, le thème retenu pour la 5e session de la Conférence des Ministres des Sports de l'Union Africaine à savoir : « exploiter l'influence du sport pour contribuer aux programmes de développement élargis des gouvernements », nous semble pertinent.

Le rôle que le sport joue dans les politiques de prévention contre les maladies est indéniable. Sa pratique permet de lutter contre les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l'obésité ; mais aussi le stress dans les grandes villes. Le sport permet aux jeunes en particulier, d'être robustes et de rester en bonne santé.

Aussi, la professionnalisation des pratiques sportives et les transferts des talents sportifs contribuent à l'accroissement des flux financiers non négligeables vers nos pays. En Afrique, le sport peut jouer un rôle économique certain.

Au Sénégal, nous entamons un processus irréversible de professionnalisation des pratiques sportives, visible au niveau de la lutte avec frappe, au football, du basketball, les courses hippiques. Ce qui entraine l'apparition de plusieurs nouveaux métiers et plusieurs emplois.

Des milliers de lutteurs, jockeys, joueurs de football, de basketball perçoivent une rémunération à travers la pratique sportive, en espérant demain gagner encore plus dans les championnats professionnels étrangers.

Les éducateurs sportifs, les entraîneurs de football, de basket-ball, d'athlétisme, les prévôts de boxe, les professeurs de tennis, les maîtres-nageurs sauveteurs, les professeurs de gymnastique, les animateurs de bodybuilding et fitness, gagent de nos jours leur vie dans le cadre de leur activité.

De la même manière, les maîtres de judo, de karaté, de taekwondo, de « full contact », en sommes tous ces enseignants de sports de combat, vivent et font vivre leur famille grâce au sport.

Il n'est pas exagéré dès lors, de dire qu'il existe au Sénégal une économie du sport en gestation qu'il importe d'organiser et de soutenir par la création d'infrastructures sportives de qualité, la formation des formateurs, l'amélioration de l'environnement juridique et l'encadrement des sociétés sportives naissantes.

En plus, il nous faut prendre en compte cette manne financière que nos sportifs professionnels, disséminés dans le monde, transfèrent dans notre pays à travers les appuis aux familles, la construction d'immeubles ou la prise d'initiative entrepreneuriale.

La politique sportive adoptée par le Gouvernement du Sénégal lors du Conseil des Ministres du 21 mars 2013, pend en compte toutes ces dimensions qui font du sport un secteur social et économique d'une très grande utilité, qu'aucun Etat ne saurait négliger. Si le sport est un jeu, disait un analyste, il demeure un jeu avec lequel on ne joue pas.

L'entrée du Département des Sports dans le cadre de dépense sectoriel à moyens termes (CDSMT) offre ainsi au secteur l'occasion de trouver les partenaires et les financements nécessaires pour promouvoir le secteur.

Pour cette raison, les Autorités de l'Etat, les pouvoirs décentralisés et les partenaires au développement ont tout intérêt à accorder une importance au renforcement de l'investissement public dans l'aménagement, la construction et des infrastructures et des sites sportifs ; la formation des éducateurs, cadres techniques, administratifs et bénévoles ; l'accompagnement des entreprises de sport ; la promotion de l'emploi sportif.

La reconnaissance de l'activité sportive comme un secteur producteur de richesse, donc porteur de croissance, passe nécessairement par un investissement public important.

Le Gouvernement a affirmé sa volonté politique. Les acteurs ont manifesté leur disponibilité. Les bailleurs et partenaires au développement ont un rôle particulier à jouer. Il reste cependant à mettre en place une stratégie efficace et volontariste permettant de capter les ressources du Privé pour financer les programmes sportifs.

Malgré toutes ces considérations, le sport africain continue de souffrir d'un déficit profond en infrastructures et équipements. L'éducation physique et le sport scolaire peinent toujours à avoir la considération qu'ils méritent dans les écoles.

Les gouvernements d'Afrique doivent dès lors accorder plus d'attention aux politiques sportives, tout comme les partenaires au développement, les bailleurs de fonds et le secteur privé doivent investir dans la construction des infrastructures et la formation des cadres sportifs.

La restructuration du CSSA et l'avènement de la nouvelle architecture du sport africain doivent prendre en compte ces considérations. Les gouvernements et le mouvement sportif africain doivent s'engager à renforcer ces tendances.

Mesdames, Messieurs,

Je ne peux terminer sans évoquer l'avenir des Jeux Africains. Les Jeux Africains sont un patrimoine de tous les sportifs africains. Ils sont avec la Coupe d'Afrique des Nations de football, la plus grande compétition sportive du Continent. Tous les pays africains y participent, mais pas les meilleurs sportifs du Continent.

Il faut professionnaliser l'organisation des jeux africains et les rendre attractifs afin que tous les athlètes africains viennent y chercher leur qualification pour les Jeux olympiques et les championnats du Monde. Le partenariat Etats-ACNOA-UCSA doit être renforcé dans le seul intérêt du sport continental et du prestige de l'Afrique.

Sur ce, je souhaite plein succès aux travaux de la 5e Conférence des Ministres des Sports de l'Union Africaine et vous remercie de votre aimable attention.